Accessibilité et écriture inclusive

Fabrice Webmastering 4 mn

Accessibilité et écriture inclusive
Au delà de l’idéologie néo-féministe qui se cache derrière la promotion en faveur de l’écriture inclusive (ou langage épicène) et ses caractères typographiques rajoutés, son utilisation pose de graves difficultés à ceux qui doivent employer un lecteur écran, en particulier avec l’utilisation du point médian.

Pour preuve, quelques tests réalisés sous Voice Over 8 avec des exemples issus de la page Wikipédia :

  • le(s) musicien(ne)(s) : Voice Over lira le s musicien ne s
  • musicien/ne : Voice Over lira musicien barre oblique ne
  • musicien-ne-s : Voice Over lira musicien ne s
  • musicien·ne·s : Voice Over lira musicien middle dot ne middle dot s
  • musicien.ne.s : Voice Over lira musicien ne s
  • acteurs/trices : Voice Over lira acteurs barre oblique trices

Ici, il ne s’agit que d’un mot, avec un texte complet, les prononciations de caractères typographiques et les pauses supplémentaires rendent le contenu quasiment incompréhensible (il l’est déjà en lecture classique !). À cela s’ajoute, évidemment, un temps de lecture plus élevé !

De plus, les caractères typographiques utilisés ont un sens sémantique propre : le point est, par exemple, réservé à conclusion d’une phrase. Le point médian étant, quant à lui, utilisé comme signe multiplicateur ou signe de ponctuation dans certains pays.

Certains, comme Boris Schapira, propose de contourner le problème en masquant artificiellement le contenu problématique aux synthèses vocales avec l’attribut aria-hidden="true". Mais, en plus de l’implémentation technique via un éditeur de texte et de la formation des personnes produisant du contenu, s’ajoute une lourdeur inutile du code.

Si l’on veut aller plus loin, l’écriture inclusive pourrait être assimilable à du contenu cryptique (tel que le language SMS, les émoticônes, etc). Selon les critères 13.11 et 13.12 du Référentiel Général d’Accessibilité pour les Administrations, l’on devrait donc proposer une alternative pertinente.
C’est un peu un comble, lorsque l’on sait que l’écriture inclusive voudrait aussi lutter contre les discriminations liées au handicap !